Samedi 29 décembre 2007
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L'interdiction de fumer dans les cafés et restaurants entre en application le 1er janvier à 00h00, mais il y aura une "tolérance" (c'est-à-dire pas de contrôles) pour la nuit du réveillon et le jour de l'an, a-t-on indiqué vendredi au ministère de
la Santé.
Ce
qui, dans l’esprit de ce communiqué, sous-entend que c’est l’absence de contrôle qui autorise à violer la loi…
Toujours est-il que ces établissements continueront donc impunément et pour une journée supplémentaire à empoisonner leurs clients.
Nous sommes loin des rodomontades de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui avait réaffirmé le 17 décembre que l'interdiction serait appliquée dès le 1er janvier et qu'il n'y aurait "pas de tolérance". Il a suffit que René Daguin, président du puissant lobby cancérigène de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) hausse le ton pour que le ministère fasse courageusement machine arrière, pantalon sur les chevilles.
Interrogée par l'AFP, l’UMIH "s'est réjouie", sans rire, de cet aménagement qui, selon elle, "correspond à la fois au texte juridique mais aussi à l'esprit dans lequel les professionnels et le gouvernement veulent appliquer la loi". Ou plus exactement ne pas l’appliquer.
Pour être bien sûr de perdre la face, le ministère a quand même osé déclarer que les établissements qui le souhaitent peuvent, dès minuit, appliquer l'interdiction. Ce qui est une manière de ne rien dire, cette possibilité leur étant évidement déjà offerte depuis de nombreuses années.
Après la tolérance de 17 ans qui a suivi la loi Evin, grâce à la complicité et l’incompétence conjuguée de la gauche et de la droite, puis la tolérance d’un an offert par le gouvernement Villepin aux cafés, restaurants et discothèques, suite au décret Bertrand de novembre 2006, voici la tolérance de vingt-quatre heures pour ne pas gâcher la fête du réveillon.
Il y a certains mots (« liberté » en est un, « respect » un autre, maintenant « tolérance ») qui, à force d’être malmenés, en viennent véritablement à perdre tout leur sens.
B.T.
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